Réflexions sur la vie et la mort

Le voyage

Ne serait-il rien de plus hasardeux,
De plus complexe, de plus terrible,
Que ce voyage qui nous conduirait
Tout au bout de notre nuit,
Quand l'ombre deviendra plus opaque ?
Ce voyage, nous devrons bien l'entreprendre,
Quand chacun de nos gestes sera plus gourd,
Et que nous aurons perdu le nord,
Ne sachant plus guère où nous allons.
Ce qui nous restera alors de vie et la camarde
Se conjugueront déjà si étroitement
Que nous aurons du mal à distinguer
L'une de l'autre ; elles se réuniront
En une mémoire unique et diffuse,
Très proches et pourtant si contraires
Dans le temps et dans l'espace cosmique.
Qu'y aurait-il de plus admirable
Que ce voyage ultime s'il nous menait
Jusqu'au bout de nos rêves les plus fous ?
Mais, hélas, le doute subsiste encore.

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N'est-il rien de plus hasardeux,
De plus terrible, de plus complexe,
Que ce voyage qu'il faudra bien entreprendre,
Et nous conduira au bout de la nuit,
Quand l'ombre se fera plus opaque
Et chaque geste beaucoup trop gourd ?
Déjà on aura perdu le nord,
On ne saura plus où l'on s'en va,
Ce qui restera de vie et la camarde
Se conjugueront si étroitement
Qu'on aura du mal à les distinguer ;
Elle se rassembleront en une mémoire unique,
Très proches et pourtant si contraires
Dans l'espace et dans le temps.
Il n'y aura rien de plus admirable
Que ce voyage s'il nous mène
Jusqu'au bout de nos rêves,
Mais le doute subsiste, hélas !

Anne Brunelle