Réflexions sur la vie et la mort

Le jour où je mourrai

Il est bien évident, ma chérie, que je t'aime,
J'aurais dû te le dire quand j'entrais en automne,
À toi dont la jeunesse est encore à son zénith.
Le jour où je mourrai, puisque mourir il faut,
J'aimerais que ce fût entre tes bras blotti,
Que la vue de tes seins fût la dernière image
Qu'il me restât avant l'ultime et long voyage ;
Tu aurais pris en pitié le pauvre agonisant,
Et lui accorderais encore quelques faveurs ;
Je te dirais les mots que tu rêvais d'entendre,
Ces gentils mots grivois qui te feraient frémir ;
En guise de récompense, j'espère bien avoir droit
À tes lèvres adorables sur mes lèvres trop pâles.
Il n'est jamais trop tard pour encenser l'amour,
Qui nous aide à passer, sereins, sur l'autre rive.

Anne Brunelle