Réflexions sur la solitude, le spleen

Sables mouvants

Toujours l'on croit attendre
Quelqu'un ou quelque chose,
Et même garder confiance
Contre toute espérance,
Contre toute évidence,
Redoutant toutefois
Les sombres lendemains,
Les illusions perdues,
Quand on s'enlise, déçus,
Dans les sables mouvants
D'une vie qui dérive
Et qu'on ne comprend plus ;
C'est alors que, vaincus,
Trahis, désabusés,
On lève le poing au ciel,
Ne s'excusant même plus
D'avoir raté le coche.

Anne Brunelle