Réflexions sur la solitude, le spleen

Ma sirène

Où t'en vas-tu, dis, joli bateau,
Toi qui emmènes ma sirène
Au-delà du vaste océan ?
J'ai posé la main sur son front,
Puis l'ai descendue sur son corps
Où j'ai frôlé ses seins menus,
Enfin j'ai embrassé sa bouche
Avant de lui dire « À demain ! »
Ô mon joli bateau, sur l'eau calme,
Elle navigue avec toi, mon ingénue,
Devra-t-elle affronter les tempêtes ?
Elle me laisse seul avec mon angoisse,
Sur l'immense rivage de galets,
Et je connais le doute et les tourments ;
Tu t'éloignes, grand vaisseau fantôme,
Emportant mes chimères au fil du temps.

Anne Brunelle