Réflexions sur la solitude, le spleen

Il ne viendra personne / Il n'est venu personne

Il ne viendra personne

Ce soir, il n'est venu personne,
Et tu ne peux fermer les yeux ;
Même si les affres en toi résonnent,
Tu ne dois pas t'en prendre à Dieu.

Tu es sûrement le seul coupable
De cette solitude qui te pèse ;
T'es-tu toujours montré aimable ?
N'as-tu pas souvent pris tes aises ?

Tu croyais être encore solide,
Aussi sûr de toi qu'à vingt ans ;
Mais quand arrive le temps des rides,
Plus sombre devient le gai printemps.

Demain, il ne viendra personne,
Mais tu te souviendras des jours
Où, triste, tu implorais la Madone,
Parce que tu avais le coeur trop lourd.

                --ooOoo--

Il n'est venu personne

Hier, il n'est venu personne,
Et elle n'a pu fermer les yeux ;
Mais si les affres en elle résonnent,
Pourquoi toujours s'en prendre à Dieu ?

Ne serait-elle pas seule responsable
De cette solitude qui tant lui pèse ?
S'est-elle montrée assez aimable ?
N'a-t-elle pas toujours pris ses aises ?

Elle se sent pourtant aussi solide,
Aussi sûre d'elle qu'il y a vingt ans ;
Mais quand arrive l'instant des rides,
Est déjà bien loin le gai printemps.

Demain encore, il ne viendra personne,
Mais elle se souviendra de ces jours
Où elle suppliait la bonne Madone,
Parce qu'elle avait le coeur trop lourd.

Anne Brunelle