Le rêve passe

Il était bien tard cette nuit-là,
Mais il attendait encore sa venue,
Il avait tant de choses à lui dire,
Elle non plus n'avait pas prononcé
Tous les mots qu'il espérait ;
Il n'en pouvait plus de cette attente,
Il souffrait, il était à bout,
Tout lui paraissait vain et absurde,
Il suppliait Dieu de le rappeler à lui,
Mais il pensait à elle, assis au bord
De cet abîme où il craignait de choir ;
Son âme était brisée, son coeur saignait,
Où était cet amour qu'il avait imaginé ?
Elle ne viendrait plus, il le savait bien,
N'avait-il pas tort de se tourmenter ainsi ?
Le ciel se déchirait, le vide était immense ;
De son amour enfui il ne restait plus
Qu'une trace infime qui allait disparaître ;
Cette fois, les jeux étaient faits, hélas,
Il commençait enfin à en prendre conscience.

Anne Brunelle