Aimer, Marie !

Avec les lettres de ton prénom,
On peut écrire le verbe « aimer »,
Mais je ne pourrai te pardonner
De n'avoir su me dire que non.

Je t'avais donné mon coeur, Marie,
Sans tricher, en toute confiance ;
Mais tu as vite décliné l'alliance
Et tu es repartie pour Paris.

Tu as rejoint ton cher époux
Et poursuivi ta vie facile ;
Je n'aurais pu, moi, l'imbécile,
T'offrir d'aussi luxueux dessous.

Tu le tromperas quelquefois
Avec des amants de passage,
Mais tu ne quitteras pas ta cage
Dorée ni tes étoffes de soie.

Aimer, Marie, c'est autre chose,
De toutes les folies la plus folle,
Et tu n'aurais su jouer ce rôle,
Car tu n'es qu'un bouton de rose.

Anne Brunelle