La fille aux doux yeux d'or

Allongée sur le sable,
Indifférente au décor,
La fille aux doux yeux d'or
Se souvient-elle encore
De cet amant admirable,
La rendant si fragile,
Elle fièrement indocile ?
Ses baisers trop fougueux
Lui faisaient peur un peu ;
Sa mère lui avait bien dit
Que les mâles trop épris
Ne sont plus que des bêtes,
Qu'il faut rester honnête ;
Mais elle l'aimait, cet homme
Qu'elle désirait, en somme ;
Quand il baisait sa bouche,
Elle cessait d'être farouche,
Le suivant sur des chemins
Qu'elle ne connaissait pas,
Laissant courir ses mains,
Découvrant ses appâts
De belle fleur vénéneuse,
Forcément très amoureuse.

Anne Brunelle