Sylvette

Nous revenions par ce chemin
Où avaient fleuri des violettes,
J'y avais emmené Sylvette,
Et je serrais très fort sa main.

Elle craignait les réprimandes
De ses parents un peu vieux jeu ;
Ils eussent pu me mettre à l'amende
Mais ils n'y avaient vu que du feu.

Sylvette était encore naïve,
Elle adorait les baisers doux ;
Tendre pucelle et truite vive,
Elle savait bien me rendre fou !

Mais la brise, hélas, sans retour,
Emporta nos serments d'amour ;
Envolées les exquises paroles,
Tellement ardentes et tellement folles !

Ne nous laissèrent que souvenirs,
Nos coeurs partis à la dérive,
Quelques regrets et des soupirs,
Telle une plaie que l'on ravive.

Anne Brunelle

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