Ma confidente

J'ai fait de toi ma confidente,
Parce que je t'aime, ma grande amie ;
Non, ne dis rien, non, pas encore,
Il faut tout d'abord que j'imagine,
Ô ma bien chère promeneuse,
Qu'après que nous ayons passé le pont,
Ta petite main se glissera dans la mienne,
Afin que je ressente la finesse de tes doigts
Sur ma grosse patte un peu tremblante.
J'avais tout voulu savoir de toi,
De ta vie de femme et de ton âme,
Et une lumière éblouissante avait ouvert
La porte sur la nuit de nos secrets ;
Tu m'as énuméré les souvenirs
De tes sauvages disharmonies
Et de tes désirs inassouvis.
Oui, ô toi ma bien tendre confidente,
Ma toute belle, mon âme soeur,
Tu vis en moi comme en un rêve,
Parce que tu es un peu moi-même,
Et que tu sais bien que je t'aime,
Non, ne dis rien, laisse-moi ta main,
Pour que dans la mienne je l'étreigne,
Et que nos deux coeurs soient rassurés !

Anne Brunelle

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