Au fond de la grotte

Je ne dors pas et, comme je m'ennuie,
Alors j'écris ce petit mot pour toi.
Je t'espère toujours et je t'attends,
Je rêve encore de toi, ma tendre amie.
La nuit sera notre douce complice,
Je reste attentif au moindre bruit
Qui viendra troubler ce grand silence.
Je cherche à fuir le trop morne présent,
Pour me hâter jusqu'à ton beau royaume,
Où je vais très bientôt te rejoindre,
Là-bas, tout au bout d'un long tunnel,
Tout au fond de cette grotte obscure
Où tu t'étais enfermée volontairement
Pour mieux te protéger des serpents
Et des requins de l'odieux conformisme.
Je te verrai, tu viendras à ma rencontre,
Et tu m'ouvriras tout grand les bras ;
Mon coeur résonnera comme un tambour,
Et je serai tout à fait réveillé maintenant.
Je te serrerai très fort contre mon corps,
Nous saurons effaçer la sordide réalité,
Avant de nous embarquer sur la mer immense
Mais très paisible des amants romantiques.
Je t'aimerai, tu le sais, et tu m'aimeras aussi,
Le monde nous appartiendra et la vie sera belle.

Anne Brunelle