L'éveil

Ils viennent tout juste de s'éveiller,
Encore tout moites de leurs caresses ;
Déjà, il l'embrasse avec ferveur,
Et elle ressent ce baiser fougueux
Jusqu'au plus secret de son âme.
C'est trop peu de dire qu'il l'aime à la folie,
Il la vénère, sa toute belle, tellement
Qu'il voudrait chanter son cher visage,
Ses seins, ses hanches et même ses fesses.
Il l'attire fermement dans ses bras,
Baisant sa si soyeuse chevelure,
La berçant de ses tendres paroles :
« Je t'aime bien plus que ma vie,
Tu es mienne, et je suis à toi,
Je te désire follement, donne-toi ! »
Il fait glisser la chemise légère,
La revoici nue comme au premier jour,
Son corps l'émeut, il la caresse,
Ses seins durcissent, il les mordille,
Puis pose la joue sur son ventre,
Un peu au-dessus de la sombre toison ;
Elle le guide un peu plus bas,
Vers la merveilleuse blessure,
S'ouvrant tout entière à lui.
Elle devient alors comme la mer,
Toute en vagues s'élevant
Et se mettant en mouvement ;
Elle se transforme en océan,
Déjà prête à affronter la tempête,
Mais sa plainte sera de plaisir.

Anne Brunelle