Moi, quand je te désire

Moi, quand je te désire,
Je te dis que je veux
Qu'on fasse l'amour, chérie,
Pas comme dans les romans
De gare à l'eau de rose
Où le séduisant héros
Sans peur et sans reproche
Susurre à l'héroïne
En lui baisant la main :
« Je crois que je vous aime, »
Quand l'hypocrite ne songe
Qu'à retrousser le jupon
De la jolie Charlotte,
Sans la moindre vergogne,
Comme tout mâle en rut.
Moi, quand je te désire,
Je te le fais comprendre
Par mes mains baladeuses
Parcourant tout ton corps,
Cherchant les points sensibles
Qui réveilleront tes sens
Et y mettront le feu.
Quand j'ai envie de toi,
Je suis un loup sauvage,
Tu t'offres à mes caresses,
Affamée de désir,
Abdiquant ta pudeur
Et tu pousses à la lune
Un long cri de plaisir
Qui se mêle à mon cri.

Anne Brunelle