En effeuillant la Marguerite

Ma très chère Marguerite,
Ma jolie petite fleur,
Souhaites-tu que je t'effeuille ?
Tu le sais, j'aime un peu
Froisser ton blanc corsage,
Il me plaît beaucoup aussi
Que tu ne sois pas trop sage ;
Passionnément, oh oui !
Lorsque va tomber ta jupe,
Je t'admire à la folie,
Et alors Ève tu imites,
Ô ma gentille Marguerite !
J'ai laissé s'envoler
Le tout dernier pétale,
Il disait « pas du tout »,
N'était pas fait pour nous.
Garde-le bien, notre secret,
Marguerite, ma tant aimée,
Et ne va pas claironner
Que ton galant avait triché
Pour ta petite fleur te dérober.

Anne Brunelle