La jeune fille timide

Je vous le jure, monsieur,
Je crois que je vous aime,
Pour moi, vous êtes un dieu,
Mais attendez quand même...

Attendez, je vous en prie,
Que j'aie dix-huit printemps ;
Si mon coeur est épris,
Mon corps a bien le temps...

Le temps de découvrir
De l'amour les mystères,
De pouvoir vous offrir
Ma candeur si légère.

Vous voulez m'embrasser ?
Mais resterez-vous sage ?
Je sens vos doigts passer,
Coquin, sous mon corsage.

Ah ! Je vous défends bien
De me troubler ainsi ;
Il suffirait d'un rien,
Je serais à votre merci.

Dites-moi des mots d'amour
En toute simplicité,
Et je vous donnerai un jour
Ma chère virginité.

Anne Brunelle