Lorsque tu reviendras...

Lorsque tu reviendras de ton pays des ombres,
Semblable trait pour trait au rêve de l'attente,
Je quitterai enfin ma caverne trop sombre,
Regagnant la lumière tout au bout de la sente.

Ouïras-tu ma voix remontant du silence ?
Mes mains ouvriront-elles ton âme après ton corps ?
Tes désirs et les miens, en battant la cadence,
Pourraient bien nous conduire à la petite mort.

Après l'amour, aurai-je peur de te perdre encore ?
Je crains la nuit sans fin et l'immense solitude  ;
Tes seins s'érigeront, tu me crieras : « Sois fort !

Il me faut repartir, car tel est mon destin. »
Mes lèvres sur ton cou seront-elles le prélude
À d'ardentes retrouvailles pour de nouveaux matins ?

Anne Brunelle