La chênaie

Et demain, comme hier,
J'irai dans la chênaie,
M'allonger sur la mousse
Où nos deux corps s'unirent,
Une nuit de pleine lune ;
Car plus rien ne me reste
De toi que cette image
Qui me poursuit encore
En ce lieu où nos âmes
Eussent pu s'accorder ;
Est-ce folie de rêver,
D'espérer malgré tout,
Lorsque plus rien n'existe ?
Quand le ciel est trop gris,
Dans mon coeur en jachère,
Je veux y croire quand même.

Anne Brunelle