J'aimerais / J'imagine

J'aimerais

J'aimerais que la nuit m'emporte
Dans un poème de Paul Éluard,
Tu viendrais frapper à ma porte
Dans le silence du brouillard.

J'aimerais que cette nuit soit belle,
Qu'elle me ramène nos souvenirs,
Ceux que l'on ramasse à la pelle,
Et qui ne devraient jamais mourir.

Mon coeur, ma mie, écoute-moi,
Avant que l'aube ne revienne ;
J'ai besoin pour vivre, je crois,
Que tu puisses être à nouveau mienne.

Pour toi, j'ai trop écrit de vers,
Oui, tellement noirci de feuilles,
Du printemps jusqu'au grand hiver,
Pour de cet amour faire le deuil.

Hélas ! le temps a tout cassé
De cette passion, de notre idylle,
Mais je n'oublie pas le passé,
J'aimerais renouer le fil.

           --ooOoo--

J'imagine

J'imagine que le vent m'emporte
Dans les poèmes de Paul Éluard,
Où tu viens frapper à la porte,
Dans le silence du brouillard.

Je rêve que la nuit est belle,
Et qu'elle trimballe nos souvenirs,
Ceux que nous ramassions à la pelle,
Et qui ne devaient jamais mourir.

Mon coeur, ma mie, écoute-moi,
Avant que l'aurore ne revienne,
J'ai besoin, pour vivre, je crois,
Que tu puisses être encore mienne.

Pour toi, j'ai tant écrit de vers,
J'ai tellement noirci de pages,
Du printemps jusqu'au rude hiver,
Toujours présente est ton image.

Hélas, le temps a tout cassé,
De notre idylle, de notre amour ;
Mais ne renie pas le passé,
Demain sera un autre jour.

Anne Brunelle