Hier encore

Hier encore, ma femme, mon amour,
Nous marchions tous les deux
Sur le même chemin,
Et je tenais ta main
Bien serrée dans la mienne...
Les années ont passé,
Sans trop nous épargner,
Ta main s'est détachée
Peu à peu de la mienne.
Tu avais décidé, je le sais,
De vivre ta vie, comme une grande ;
Tu as alors connu une autre main,
Elle t'a appris d'autres caresses.
J'ai eu de la peine, ô mon amour,
Mais tu ne t'en es pas aperçue;
Il faut dire que j'ai joué les esprits libres
Pour ne jamais perdre la face ;
Toi, tu as trouvé cela vraiment très cool
Que je ne sois pas un horrible jaloux,
Que je ne te montre pas de rancune.
Je ne t'en veux pas, tu sais, ma douce,
Je sais que tu es très heureuse,
Que cette autre main te rassure
Et qu'elle te donne bien du bonheur.
Mais je resterai toujours celui
Qui t'aimait comme un fou,
Qui te disait des mots doux,
Ceux qu'on ne dit qu'une fois ;
Je veillerai toujours sur toi,
Je ne te quitterai jamais,
Ne l'oublie surtout pas.

Anne Brunelle