Amour et douleur

Mais d'où venait donc cette folie
Qu'il sentait parfois monter en lui ?
D'une subtile douleur d'amour ?
De cet intense manque d'elle,
Qui, par malheur, s'éternisait ?
Il lui fallait effacer à tout prix
Les affres de cette souffrance
Qui le faisait douter de tout ;
Il étouffait, et ne désirait que dormir
Pour occulter son insupportable absence,
Plonger dans des rêves insensés
Pour éteindre cette envie qui s'insinuait
En lui de renoncer à continuer à se battre.
Pourtant, il aspirait à respirer,
À éprouver, à ressentir, à vivre ;
Il pensait encore aux mains habiles
Qui savaient si bien caresser son corps,
Les mains de celle qui était au loin,
Amère, s'étant délivrée de la passion
Qui la retenait prisonnière près de lui.
Et lui, il guérissait tout doucement,
Commençait à regarder d'autres femmes,
Son désir d'aimer allait bientôt renaître.

Anne Brunelle