À l'horizon

Il n'y aura plus rien à voir
Là-bas au nord, toujours plus loin,
Rien que la neige immaculée !
Mon regard soudain se figera
Parmi les brumes et la froidure.

Dans mon esprit trop douloureux
Viendront cogner des souvenirs,
Comme ceux d'un doux matin d'avril
Où tu m'apparus, tellement fière.

Tes longues mains que je prenais
Dans les miennes pour les serrer,
Et tes agiles jambes de fée
Avaient rendu mes jours plus gais.

À l'horizon trop vaste, si morne,
Bientôt je ne verrai plus rien,
Que le grand vide de ton absence ;
Mais j'attendrai un signe de toi
Pour consoler mon coeur en peine.

Anne Brunelle