Tu as mis le feu

À mes désirs tu as mis le feu,
Toi, mon goûteux fruit défendu !
Ces mangues qui percent ton corsage,
Tu m'interdis de les cueillir,
Ô fille cruelle qui te défends
De vouloir embraser mes sens,
Accorte pucelle qui me charmes
Et tant t'amuses à mes dépens ;
Tu te crispes quand je te lutine,
Et tes pensées, moi, je les devine,
Quand sur ton mignon petit nez,
Je dépose un charmant baiser
Et que, farouche, tu me repousses
En feignant d'être très indignée.
Devant ton regard courroucé,
J'hésite entre deux attitudes :
Fou rire ou fausse indifférence.
Souvent les hommes se font piéger
Par de bien séduisantes garces
Qui savent leur faire des avances
À les rendre complètement dingos,
Mais qui, ensuite, se font prier
Jusqu'à ce qu'ils aient le coeur blessé.

Anne Brunelle

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