Le chaperon rouge a grandi

Elle n'est plus une toute petite fille
Et, quand elle court dans les bois,
C'est pour y retrouver son grand loup.
Il y a belle lurette que ce dernier
Ne songe plus du tout à la becqueter ;
Peut-être bien qu'il a enfin compris
Que de manger, c'est bien joli,
Mais que sur cette vieille Terre
Existe aussi le plaisir d'amour
Qui, paraît-il, ne dure guère,
Mais ce sont les jalous qui le prétendent.
C'est qu'il la trouve plutôt gironde
Maintenant qu'elle a bien grandi
Et que sa grand-mère est au Paradis ;
Plus de galette ni de pot-de-beurre
Sauf si c'est pour le dernier tango,
Et la bergère, à ce qu'on en dit,
N'a pas tellement froid aux yeux
Ni même ailleurs, cela va de soi !
Voilà pourquoi le loup est là,
Bien dressé sur ses pattes arrière,
Une petite fleur à la boutonnière,
Attendant patiemment qu'elle vienne
L'embrasser, le cajoler et tout le reste,
Je ne vous ferai pas un dessin !

Anne Brunelle