Véronique

Véronique avait deux amants,
Un vieux mari, des amies chères ;
Elle n'avait pas de temps à perdre
Pour contenter tout ce beau monde.

Chaque lundi, elle retrouvait Pierre,
De cinq à sept, plus souvent huit,
Puis de retour pour le dîner,
Elle câlinait son régulier.

Tous les mardis elle recevait
Annie, Béa et Marguerite,
Elles riaient de leurs bons coups,
En minaudant comme des coquines.

Le mercredi et le jeudi,
C'était Philou qui avait la cote ;
Et grâce à cet homme très viril,
Elle atteignait le septième ciel.

Le vendredi elle allait voir Clara,
Sa bonne copine du pensionnat ;
Elles s'aimaient comme au vieux temps,
Bien enlacées, toutes frétillantes.

Mais le samedi elle l'occupait
À la toilette de son logis,
Et le dimanche, avec Monsieur,
Elle ne manquait pas la grand'messe.

Véronique n'avait plus vingt ans,
Mais en son coeur avait l'espoir
De séduire encore bien longtemps,
C'était comme ça qu'elle restait jeune.

Anne Brunelle