Son île

Elle rêvait de son île
Où elle n'abordait guère,
Sinon dans ses fantasmes
Les soirs de pleine lune
Quand son corps affamé
Lui réclamait son dû.
Ces soirs-là, elle allait
Sur les berges du fleuve
Voir filer les péniches
En route pour le sud.
Elle l'inventait, son île
où dormaient les voiliers,
Quand son coeur s'emballait
Au chant des flibustiers.
Son beau rêve qui dansait
Puis mourait sur le sable
D'une plage inviolée
Lui mettait du bleu à l'âme.

Anne Brunelle