Toi, p'tite boulotte !

Toi p'tite boulotte, qu'on dit simplette,
On te croit naïve, un peu bébête,
Parce que tu ouvres grand tes mirettes,
Quand c'est ton coeur qu'est à la fête.

Tu es, pour sûr, drôlement charmante,
Les gars te trouvent affriolante ;
Sans doute rêvent-ils d'toi pour amante,
Petite souris, tellement troublante ?

Tes seins que tu caches sous un pull,
Tu sais, la belle, les rendent maboules ;
Toi, dans la farine, tu les roules,
Jusqu'à ce qu'ils aient les nerfs en boule.

Tu les aguiches, puis tu les jettes,
Tu joues les biches ou les coquettes,
Et toujours ouvrant tes mirettes,
Chère p'tite boulotte, chère p'tite Colette !

Anne Brunelle