Lourdes

Celle qui parfois souhaitait ouvrir
Les lourdes portes vers l'invisible,
Mais avait si peur d'en mourir,
Aspirait-elle à l'impossible ?

Qui pourrait dire si elle croyait
Aux belles sirènes et aux merveilles ?
Moi dans mes rêves, je la voyais,
Le corps nu, mais le coeur en éveil.

Elle savait lire dans les livres
Où l'on enseigne toutes ces lois
Que des hommes, se voulant libres
Et fiers, refusèrent tant de fois.

Elle poursuivait sa propre route
Sans jamais céder aveuglément
À cette folle armée en déroute
Qui lui mentait si effrontément.

Mais lourdes sont les larmes amères
Que l'on verse tout en regrettant
D'avoir fait pleurer sa douce mère
Quand on n'avait que dix-sept ans.

Anne Brunelle