La jeune morte

La jeune fille dort d'un blanc sommeil,
Elle est pure et vierge comme la neige ;
Au paradis, ses bons anges la protègent,
Elle ne craint plus le trop cuisant soleil.

Elle est si belle, vierge comme la neige,
Jamais elle n'aura connu la souillure,
Son coeur, indemne de toute blessure,
Est celui d'une enfant, ô divin privilège !

Jeune fille en allée au dernier printemps,
Respires-tu encore l'odeur de la terre ?
Toi qui tant aimais ton père et ta mère,
Tu resteras innocente tout au long des temps.

Je me souviens encore bien de ta douce voix,
Ô jeune vierge solitaire à la crinière rousse !
L'eau du petit ruisseau s'écoule sur la mousse,
Tu étais exquise, en ta blanche robe de soie.

Anne Brunelle

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