Le cri est là...

Le cri est là,
Juste derrière la vitre,
Parce que l'amour-passion
A pris le large ;
Elle a peur du vide
De sa vie inutile,
En elle portant le gouffre
Jusqu'à l'épuisement.

Le cri est là,
Qu'elle ne peut retenir,
Orpheline angoissée
De sa terre promise,
Meurtrie par tant d'espoirs déçus,
Détestant ce corps vieilli
Qui souvent lui échappe
Et qu'on ne désire plus.

Son corps lourd s'est fané
De s'être trop prêté,
D'avoir trop cru à l'amour
Sans fard et sans prudence,
Et il l'a laissée seule
En sa désespérance,
L'entraînant sans pitié
Vers la nuit du linceul
Où le rêve s'éternise.

Anne Brunelle