La folle

Chaque jour que Dieu fait,
Lorsque descend la nuit,
On la voit qui arpente
Les rues de son village,
Toute de noir vêtue,
De la main bénissant
Les maisons et les gens ;
Les enfants disent d'elle
Qu'elle n'a plus sa tête,
Qu'on devrait la boucler
Dans un quelconque asile ;
Ils l'ont entendu dire,
Sûrement, par leurs parents,
Ils lui lancent des pierres,
Ou bien ils la bousculent ;
Et cette pauvre vieille
Jamais ne se révolte,
Elle qui croit seulement
À la magie du vent,
Messager d'harmonie,
Et au règne du silence
Qui calme les méchants.

Anne Brunelle