L'orage

Juillet ! Il fait horriblement chaud !
Le ciel bas est zébré de lumière,
Et soudain gronde le tonnerre ;
Mais Anne n'a pas peur des orages ;
De la lucarne de sa chambre sous le toit,
Elle contemple, fascinée, comme émerveillée,
Ce spectacle admirable qui fait battre son coeur,
Et quand des trombes d'eau noient la campagne,
Elle n'éprouve plus qu'une unique envie :
Se dénuder pour aller offrir son corps menu
À cette ondée, en battant des bras follement,
Tout en chantant à tue-tête une chanson paillarde,
Avant de remonter chez elle, trempée mais heureuse,
Pour s'allonger sur la paillasse et s'y endormir,
Impatiente de songer au prince de ses pensées.

Anne Brunelle