Èva trahie

Et brutalement, au petit matin,
Après une dernière nuit d'amour,
Il l'avait chassée de chez lui,
Lui disant qu'il ne l'aimait plus.
Èva n'avait rien compris du tout,
Mais elle n'avait pas répliqué,
- Bien trop choquée, la pauvre -
Elle était alors rentrée dans son logis
Où elle avait sangloté longuement.
Mais comment avait-il pu ainsi
Lui jeter ces mots en pleine figure ?
Elle avait eu terriblement mal,
Prête à céder au pire désespoir ;
Comment cet homme qui était tendre,
Qui se montrait toujours prévenant,
Avait-il pu en arriver à cette extrêmité ?
C'était sûrement à cause de la voisine,
Elle ne voyait pas d'autre explication ;
Comment ne s'était-elle pas méfiée
De cette petite brune aux gros seins ?
Elle avait dû le racoler dans l'escalier,
Avec son sourire niais de petite pute,
Pour lui fixer un rendez-vous galant,
Et il y était allé pour lui faire l'amour,
Il devait être dingue de ses gros seins...
Èva avait encore l'odeur de la peau mâle
Sur tout le corps, de ses baisers sur les lèvres,
Il l'avait bien eue cette nuit encore, le salaud,
Avant de la chasser comme une voleuse,
Pour aller flirter avec cette petite allumeuse.
La vie était injuste et les hommes impitoyables.

Anne Brunelle