Départ

Elle avait bien compris
Que l'heure était venue
Déjà de nous quitter ;
Elle était si menue
Dans sa longue robe noire,
Et dans ses yeux si bleus,
Je voyais scintiller
Mille étoiles du ciel.
J'avais tant redouté
Le jour de son départ,
Et j'avais tant pleuré
Lorsqu'elle prit l'autocar,
S'en allant pensionnaire
Dans quelque institution
Où l'on apprend la vie.
Rien de peu ordinaire
Dans cette situation,
Sinon que pour ma part
J'allais partir aussi,
Accablé de soucis :
L'armée me réclamait
Pour dix-huit mois ou plus,
L'horizon se bouchait.
Je dus, non sans émoi,
Refermer cette page
D'une idylle romantique,
Une histoire plutôt sage,
Une romance sans retour.

        --ooOoo--

Avait-elle bien compris
Que l'heure était venue
Déjà de nous quitter ?
Elle était trop menue
Dans sa longue robe noire,
Et dans ses yeux si bleus,
J'avais vu scintiller
Mille étoiles célestes.
J'avais tant redouté
Le jour de son départ,
Et j'eus bien du chagrin
Quand elle prit l'autocar,
S'en allant pensionnaire
Dans cette institution
Pour y apprendre la vie
Et les bonnes manières.
Rien d'extraordinaire
Dans cette situation,
Sinon que moi aussi,
J'allais devoir partir,
M'éloigner du pays,
Aggravant son souci :
L'armée me réclamait
Pour plus d'un an, hélas,
L'horizon se bouchait ;
J'allais, non sans émoi,
Refermer cette page
D'un amour romantique,
Une histoire bien sage
Qui ne reviendrait plus.

Anne Brunelle