Dans le grand miroir du salon

La femme s'était longuement admirée
Dans le grand miroir du salon ;
Elle la trouvait plutôt seyante,
Sa dernière petite robe noire.
Le mari, en retrait, avait observé sa femme
Tandis qu'elle-même se regardait
Dans le grand miroir du salon ;
Il se disait qu'elle n'était pas aussi jolie
Que sa jeune maîtresse Émilie,
Et il n'avait même pas remarqué
Qu'elle essayait ce jour-là une nouvelle robe ;
La femme, elle, ne savait toujours pas
Que son cher époux la trompait effrontément,
Elle l'aimait tellement aveuglément ;
C'était d'ailleurs pour lui plaire
Qu'elle avait acheté cette petite robe,
Qui lui découvrait largement les genoux.
Mais son mari ne rêvait plus souvent d'elle,
Il n'avait d'yeux que pour la piquante Emilie,
Qui était plus jeune et surtout plus jolie,
Presque aussi jolie que l'était Virginie,
Vingt ans plus tôt, le jour de leurs noces.

Anne Brunelle

Sauvegarder
Choix utilisateur pour les Cookies
Nous utilisons des cookies afin de vous proposer les meilleurs services possibles. Si vous déclinez l'utilisation de ces cookies, le site web pourrait ne pas fonctionner correctement.
Tout accepter
Tout décliner
Analytics
Outils utilisés pour analyser les données de navigation et mesurer l'efficacité du site internet afin de comprendre son fonctionnement.
Google Analytics
Accepter
Décliner