À la fin de vos vies

Elle t'écrivait, ton aimée blonde,
Que rien n'aurait été aussi fort,
Et que rien n'aurait été dit,
Même à la fin de vos deux vies...

Mais que pouvais-tu lui répondre ?
Que vos âmes étaient éternelles,
Que rien, jamais, ne finirait,
Et que toi toujours tu l'aimerais ?

Et puis, tout à coup, vint le silence,
Un silence qui trop longtemps dura ;
Avait-elle donc renié le serment
Ou n'était-elle que la victime ?

Il y avait eu un complot intolérable
Pour la contraindre à te quitter ;
Elle dut se plier à la loi inique
Des forts qui ont le dernier mot.

Elle avait subi d'affreuses menaces
De ses géniteurs trop vigilants ;
Eux seuls savaient ce qui était bon
Pour leur jeune fille handicapée.

Anne Brunelle