Tout au bout de la nuit

Je dérivais, perdu sur une mer sans rivage,
Qui m'entraînait, vaincu, jusqu'à la déraison,
Je n'espérais plus rien du reste de mon âge,
Et j'avais fait le deuil de nouveaux horizons.

Je cherchais cependant une incertaine route
Où brillerait encore la lumière des cieux,
Je rêvais d'en finir avec l'atroce doute,
Priant avec ferveur pour retrouver mon dieu.

Tout au bout de la nuit, tu es apparue, la belle,
Et ton visage d'ange m'a livré un message ;
J'accours à ton appel, voulant t'être fidèle,

Nos âmes vont inventer une aurore éternelle,
Où nous rencontrerons l'ivresse sans la rage,
Et le désir insensé d'une divine étincelle.

Anne Brunelle