Derrière les persiennes

Depuis la veille, hélas, la pluie n'a pas cessé,
Tout est désespérément gris, tellement triste,
La verte campagne iséroise semble être en deuil.
Mais derrière les persiennes closes de la chambre,
Les amoureux sont restés sereins, seuls au monde,
Ils ne s'ennuient jamais, ils s'aiment toujours autant.
La jeune femme chantonne, elle a une bien jolie voix,
Et son bien-aimé l'écoute, vraiment conquis et ravi ;
Il ne se passe presque jamais rien dans leur hameau,
Mais ils s'en fichent, ils sont très heureux ainsi.
Bientôt il sera l'heure de songer à aller dormir,
Mais avant cela, ils auront fait l'amour, bien sûr,
Ils ont tout le temps envie l'un de l'autre,
Et cela dure depuis de longues années déjà,
Depuis ces jours de leurs rendez-vous clandestins
Au beau milieu du bois de sapins, ah ! c'était chouette
De s'aimer follement en pleine nature, et excitant aussi.
La femme laisse tomber sa jupe, puis elle ôte son corsage,
Lui la regarde se dévêtir, toujours autant émerveillé,
Puis il se déshabille à son tour, s'allonge sur le lit,
Où elle ne tarde pas à venir le rejoindre, tout émue ;
Il la prend dans ses bras, il l'embrasse tendrement ;
Il se dit que la nuit les femmes sont encore plus belles,
Et que l'amour charnel est un plaisir toujours renouvelé.

Anne Brunelle