Le grand amour

Il ne faut pas badiner avec le grand amour.
Un beau jour, il lui était tombé dessus,
Comme cela, sans prévenir, presque par hasard,
Elle ne l'avait même pas vu arriver, la pauvre !
C'était vraiment quelque chose de très doux,
Elle savait qu'elle devait à tout prix le retenir,
Qu'elle ne pourrait plus se passer de sa présence.
Avant cette révelation, elle était souvent triste,
Mais la plupart du temps elle oubliait sa mélancolie
En dévorant inlassablement des romans à l'eau de rose
Où la timide héroïne très sage épousait le prince charmant.
Mais à présent que le virus Amour l'avait rattrapée,
Elle essayait d'être moins naïve, mais restait anxieuse ;
Demain, son bel amant l'aimerait-il toujours autant ?
Elle était complètement affolée rien qu'à l'idée
Que leur passion et leur désir vinssent à vaciller,
Étant bien consciente qu'elle souffrirait mille morts
S'il se détachait d'elle et en aimait une autre.
Elle frissonna soudain ; sur son ventre plat dénudé,
Elle ressentit la fraîcheur de cette soirée d'automne.

Anne Brunelle