Les yeux bleus

J'ai plongé dans ses yeux
Et je m'y suis noyé,
Ils étaient bien trop bleus
Pour ne pas me broyer.

J'ai navigué, hagard,
Souvent entre deux eaux,
Pagayant au hasard,
Bercé au gré des flots.

Affrontant les tempêtes,
J'ai enserré son cou ;
Humaine était la bête,
J'allais devenir fou.

Son regard m'attendrit,
L'étreinte j'ai desserrée ;
Ma clémence la surprit
Sans qu'elle fût atterrée.

Devais-je lui reprocher
D'être beaucoup trop belle ?
Mon coeur s'est écorché
Au bleu de ses prunelles.

Ces yeux bleus qui attirent
Comme un ciel sans nuage,
Attendons-nous au pire
Quand ils tournent à l'orage.

Anne Brunelle