La licorne

Il lui arrive de rentrer plus tard,
Avec encore le sourire aux lèvres.
Elle ne paraît pas vraiment lasse,
Mais quand il a le toupet de lui demander
Pourquoi elle a l'air toute retournée,
Chaque fois elle lui parle de la licorne
Merveilleuse qu'elle a montée dans le bois,
Sur le petit chemin séparant les deux étangs.
Il s'en étonne, fait mine de ne pas la croire,
Mais elle s'indigne : oh non ! ce n'est pas un cheval
Qu'elle a monté tantôt, c'est bien une licorne,
Cet animal fabuleux et légendaire, certes,
Mais cela doit rester un secret entre eux ;
Il comprend qu'il ne doit surtout pas la contredire,
Et se dit qu'après tout, cela n'est qu'un jeu.
Il fait tellement beau au-delà des portes du rêve,
On y ressent toujours comme une odeur de liberté.

Anne Brunelle