Bleu

Les doux rêves très bleus
De mes nuits sans réveil
S'envolaient sans bagage
Jusqu'au bleu de tes yeux
Pour surprendre ton regard,
Tu m'en faisais cadeau.
Les joyeux lapins bleus
De ma bien tendre enfance
Bondissaient comme faons
Dans les prés de luzerne
En taisant les angoisses
De la princesse en bleu
Qui passait en chantant.
De sinistres hommes en noir
Accouraient pour détruire
Le château de mes songes,
Sans pitié pour l'enfant
Qui dormait dans la tour,
L'âme remplie de bleus,
S'insurgeant et hurlant
Contre ces anges de l'enfer,
Foulant de leurs souliers
Les fleurs bleues du jardin.

Anne Brunelle