Vague à l'âme

Quand, coquine, Marie dégrafait son corsage,
Il n'y avait jamais que lui pour l'admirer ;
Ils étaient jeunes, mais pas toujours sages,
Et lui avait tellement de mal à lui résister.

Il l'aimait bien, et tout ce qui comptait,
C'était que de tous les gars de leur village,
Il fût le seul avec qui Marie sortait,
Même si tous les autres la convoitaient.

Elle voulait qu'il fût son unique amour,
Son cher amant excentrique et sauvage,
Pour qui elle eut bravé tous les orages,
Mais hélas ! un triste jour, il la trompa.

Cela se passa avec une fille même pas jolie
Qui l'invita à la rejoindre... dans son lit.
Aujourd'hui, quand Marie ôte son corsage,
Ils viennent tous là pour la reluquer...

Oui, ils sont là, tous les gars du village,
Et ils la trouvent bien changée ; quel dommage
Qu'ils ne comprennent toujours pas, ô madame,
Pourquoi vous avez trop de vague à l'âme.

Anne Brunelle

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