Rue du Repos

Il habitait rue du Repos,
Juste à côté du cimetière,
Et il en avait plein le dos
De voir défiler ces rombières
Qui rappliquaient chaque dimanche
Pour fleurir leurs défunts époux.
La grosse Marie et même la Blanche
Avaient failli le rendre fou,
Qui cancanaient sans se gêner
En arrosant leurs chrysanthèmes,
Car sur leurs visages fanés,
On ne lisait la moindre peine.
Il les espionnait un moment,
Puis retournait à ses travaux,
Tout en se demandant comment
Les gens peuvent être aussi veaux.
Il habitait rue du Repos,
Et quand l'arme à gauche il passa,
Toutes les mémères du troupeau
Se réjouirent de son trépas.

Anne Brunelle