Le père François

Quand le père François racontait
De belles histoires du temps passé,
Les petits enfants qui l'écoutaient
Jamais ne s'en disaient lassés.

Il avait l'art et la manière
Pour attirer leur attention ;
Les accueillant dans sa chaumière,
Il leur parlait de ses passions.

Ah ! sa cabane de berger
Dans les alpages de Savoie !
Rien ne lui était étranger
De la montagne ni de ses lois.

La vie trop rude avait forgé
Son caractère de vieux chien ;
Jamais il n'aurait dérogé
À ses règles, on le savait bien.

Si la nature lui était chère
Et si ses charmes l'enivraient,
Cet homme libre, fils de la terre,
Ne trouvait très beau que le vrai.

Lorsqu'il partit pour l'autre monde,
Là où le silence est de rigueur,
Tous les gamins firent une ronde
En hommage à ce vieux fugueur.

Anne Brunelle