Amours enfantines

À elle j'adresse ces vers,
Et je lui demande pardon
À cette fille de la terre
Qui avait tous les dons.

Dix ans après la guerre,
Elle avait le coeur bon,
Honorait ses père et mère,
Savait bien ses leçons.

On se tenait par la main
En rentrant de l'école ;
De ses lèvres j'avais faim,
Me les donnait, p'tite folle.

Ses baisers étaient doux,
Et sa bouche toute rose ;
Je l'embrassais dans le cou,
Lui disais de jolies choses.

Mais son père nous surprit,
Et nous fûmes séparés ;
Nous avions bien compris
Que nous étions mal barrés.

L'amour c'est pour les grands,
Les enfants n'ont pas le droit,
C'est ce que croient les parents
Qui ne leur laissent pas le choix.

Anne Brunelle