Martine

Martine s'en va au bal valser
Pour oublier tous ses déboires,
Et se dégoter un beau fiancé
Qui saurait lui redonner espoir.

Hélas, elle rencontre un bellâtre,
Le sale type la saoûle de boniments ;
Comme elle n'est pas d'humeur folâtre,
Elle reste sourde à ses compliments.

Mais le fat l'exaspère tant et plus
Que Martine doit bien hausser le ton ;
Comprendra-t-il qu'il lui a déplu,
En la faisant sortir de ses gonds ?

Mais non, les sots de cette sorte
Se croient bien trop irrésistibles,
Et quand on leur ferme une porte,
Ils trouvent seulement cela risible.

Martine devra appeler à l'aide
Quelques amis plutôt robustes ;
Très vite, le bellâtre tombe raide,
Comme un vieux bâtiment vétuste.

Des heures durant, elle va danser
Dans les bras de charmants garçons ;
Elle ne se sent guère offensée
Quand ils l'enlacent sans façon.

Anne Brunelle