Marilou

Je me cachais dans le grenier,
Où Marilou me retrouvait ;
Nous échangions tendres baisers
Avant de jouer à chat couché.

Ces jeux hardis nous les gardions
Rien que pour nous, et pas question
Que nos parents fussent informés,
Sûrement ils nous auraient blâmés.

Marilou, fille très délurée,
Je l'avoue, m'avait déniaisé ;
Ce qu'on faisait, ce n'était pas rien,
Elle savait tout, moi j'aimais bien.

Elle avait l'air d'une madone,
Je la trouvais drôlement mignonne,
Elle n'avait pas peur du péché,
Me poussant à me dépêcher...

Fallait s'aimer avant que les « grands »
Ne s'aperçussent de notre absence ;
C'était pendant les grandes vacances,
Nous arrosions nos dix-sept ans.

Anne Brunelle