Lola

Dans les yeux trop clairs de Lola,
On pouvait lire de la tristesse,
Mais aussi l'espoir d'un au-delà,
Riche en amour et en tendresse.

Elle n'avait connu que les murs
D'un très austère orphelinat,
Rude enfance sans joie, pour sûr,
Sauf l'affection de Yasmina.

C'était sa soeur, sa camarade,
Celle qui jamais ne la trahit
Quand Pierre venait donner l'aubade
Sous leur fenêtre, le mercredi.

Pierre, le copain des sombres jours,
Avait le béguin pour Lola ;
Il jurait l'aimer pour toujours
Et lui apportait du lilas.

Mais vint le temps du désamour,
Pierre s'engagea dans la Légion,
Lola en eut le coeur bien lourd,
Puis elle entra en religion.

Dans son couvent, loin de la foule,
Elle aime son Dieu, tout simplement ;
Sa vie est paisible et s'écoule
Dans le silence, sans reniement.

Anne Brunelle