La robe blanche

Emma était bien sagement assise en face de nous,
La tête à l'ombre sous le grand cerisier en fleur,
Sur l'herbe tendre de la prairie de sa grand-mère ;
Sa longue robe blanche pourtant boutonnée jusqu'au cou
Se trouva soudain soulevée par un petit vent fripon,
Et nous laissa voir ses longues jambes d'adolescente,
Très au-dessus de ses délicieux genoux bien ronds.
Elle n'eut même pas un geste de pudeur instinctive
Pour remettre en place l'étoffe de sa robe légère,
Et son angélique visage ne rougissait aucunement
De trouble ou de confusion ; elle nous laissait admirer
À tous les quatre ses cuisses de nymphette, et chacun
De nous ressentait toute l'importance de ces minutes rares.
Nous ne disions mot, bien trop absorbés par notre émoi
De pouvoir contempler le trésor qu'elle offrait, innocente,
À nos regards vicieux de jeunes mâles ingénus et puceaux.
C'était la première fois qu'elle nous accueillait ainsi,
Sans ses éternels jeans bleu marine, sans ses pulls marins.
Notre bonne copine était d'ordinaire un vrai garçon manqué,
Mais ce jour-là elle nous avait permis de découvrir enfin
Son charme incontestable et surtout son agréable féminité.

Anne Brunelle