La fan

Ses mains sont moites,
Son coeur s'affole,
Elle est en transes ;
La jeune fille,
Frêle, si fragile,
Vite se faufile,
Telle une anguille ;
On la bouscule,
On la houspille,
Mais elle s'en fiche,
Elle pousse, insiste,
Elle veut le voir,
Jusqu'à le frôler,
Même le toucher,
Ce gars bronzé
Au sourire niais,
Qui fait des signes
À toutes ses fans,
Hurlant leur joie
Face à l'hôtel ;
Toutes l'adorent,
Ce mec tout frisé,
Aux cheveux paille,
Vêtu tout de blanc,
Comme un clown triste ;
Il vient signer
Quelques autographes,
La jeune fille crie
Tout son amour
Pour son idole,
Il la rend folle ;
Mais lorsqu'il est
Enfin tout près,
Elle s'aperçoit
Qu'il est ridé,
Le teint blafard,
Bien fatigué,
Presque vieux déjà.

Anne Brunelle